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JACK LONDON
Le diseur de bonne aventure






Jack London fut un grand diplômé de l'école de la vie. C'est en exerçant mille métiers et en y gagnant mille misères qu'il commença à rêver de mondes nouveaux où les hommes ne seraient pas des loups pour les autres hommes.
Il fut un grand partisan des idées socialistes de son époque. Chaque homme sans doute, porte en lui un paradis perdu. Cela peut le rendre geignard ou au contraire le griser comme s'il avait bu un verre d'alcool et faire surgir en lui l'avenir prometteur d'un nouvel âge d'or. L'âge d'or pour tous ! Jack London y rêva enfant et adolescent. Il y rêva adulte, alors qu'il était devenu un romancier riche et célèbre.
Ses livres nous disent, aujourd'hui encore, que les mondes lointains sont au-dedans de soi aussi bien qu'au-delà des mers et des neiges ; que l'horizon n'est fermé qu'à ceux qui ne veulent pas aller vers les autres pour les apprendre et les aimer ; que la vie est sans cesse à inventer.
Et si les enfants se sont approprié de nombreux titres que London n'avait pas écrits pour eux, c'est parce que l'enfance, c'est le rêve et l'aventure qui font le lecteur devenir un vagabond des îles, un héros des siècles futurs ou un dieu tombé du ciel.
Les enfants se laissent prendre par la main et par les mots de London. Ils se laissent dériver malgré le mal de mer ou la fièvre de l'or, et ce faisant ils élargissent leur vie. Ils osent, le temps de la lecture, vivre comme s'ils ne devaient jamais mourir.
C'est en 1897 que Jack se fait chercheur d'or. Il part, comme des milliers d'aventuriers, vers la ville de Dawson, à quelques milles du cercle arctique. Un an plus tard, il ne ramènera à San Francisco qu'un peu de poudre d'or qu'il vendra pour 4 dollars et 50 cents… c'est peu ! Mais London n'a pas perdu son temps. Dès son retour, des nouvelles paraissent dans les journaux et les livres suivent. C'est l'or des mots qu'il aura ramené du grand Nord : là-bas, il a trouvé le filon des histoires.
Dans les paysages extrêmes du grand Nord, où l'on est prisonnier du froid, London observe les hommes qui oublient la civilisation, les hommes qui, un peu comme Buck, le héros de L'Appel de la forêt, redeviennent des loups. Ils les questionnent, ces hommes déplacés par l'espoir de l'or. Il voit le monde du grand Nord enseveli sous un éternel linceul blanc, dans une splendeur primitive, aussi primitive que peut l'être l'enfance. Là, c'est comme si d'anciens instincts remplaçaient l'éducation.
Jack London, qui aura vite renoncé à chercher de l'or, a tout observé et tout appris sur la nature et les hommes qui sont à vif, qui sont au bout du bout, au bout d'eux-mêmes.
Dans L'Appel de la forêt, Buck, le chien qui redeviendra loup, nous montre les limites des hommes qui peuvent être violents, stupides et se condamner eux-mêmes. Buck souffrira et les enfants, qui veulent toujours que les animaux aient raison au pays des hommes, souffrent avec lui. Ils partagent avec lui la faim et les blessures, la fatigue et la peur. Quand Buck s'éloigne d'eux parce qu'il est redevenu loup et que le livre s'achève, les enfants devinent qu'eux aussi doivent redevenir eux-mêmes, et donc continuer à grandir.
(postface à L'Appel de la forêt, paru chez Nathan, collection Pleine Lune, 1999)

Y.P




Dans son roman Martin  Eden, Jack London se raconta



 
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