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JEAN-HUGUES MALINEAU
l'arpenteur alphabétique


Jean-Hugues Malineau fut un jongleur de mots. Il était vif et intarissable quand il disait la poésie dans sa diversité.
Ses anthologies nous montrent bien son extrême connaissance des poésies quelles que soient les époques.
Son look vaguement romantique était trompeur. Au premier coup d'œil on pouvait le confondre avec un des ces gentils poètes d'aujourd'hui copieur du mal être poétique d'hier et quelle que soit l'heure, passant éternellement à l'examen de minuit baudelairien.

Jean-Hugues était -j'en fus témoin- un poète de son temps, soit de mon temps puisque nous avions à peu de choses près le même âge.
Est-ce que je l'ai rencontré pour la première fois chez Guillevic, rue Grégoire de Tours à Paris ou est-ce à la Maison de la Culture du Havre ? Je ne sais plus, c'était vers 1970 et déjà il semblait avoir tout lu et tout retenu des poètes qui furent du côté de la tradition comme de ceux qui penchèrent du côté de l'invention.

En tant que poète il pratiqua le plus souvent la forme courte, comme s'il fallait que ses mots s'évanouissent telle une lumière qui se perd dans les sous-bois. On peut croire qu'il ne voulait laisser que des traces, lui qui répéta souvent les mots de Char « Un poète doit laisser des traces de son passage non des preuves. Seules les traces font rêver. » .
Nous rêvons encore et, il n'y est pas pour rien.

A une époque où les ateliers d'écriture sont tellement à la mode, il est bon de rappeler qu'il fut dans ce domaine un précurseur ; il fut un passeur ne craignant pas de tout donner de ses forces, mettant sa parole et son corps en jeu pour trouver chez l'autre, enfant ou adulte, la source alphabétique. J'ai encore sur mes étagères quelques recueils d'hier imprimés par Jean Le Mauve qui montrent ce travail que j'ai quelquefois partagé.

Et puis, Jean-Hugues et moi nous sommes croisés dans quelques collections de poésies, aux éditions de La Farandole (il était une fois), aux éditions de l'École des Loisirs (Chanterimes) et, ces dernières années aux belles éditions Rue du Monde.

Le temps a passé et il passe. Comme un arpenteur du temps, Jean-Hugues adressait à ses amis chaque année, ses vœux poétiques. C'était le plus souvent de minuscules recueils, sous le label Commune mesure. Sa compagne Françoise, y mêlait son écriture et bien malin celui qui dira la part de l'un et de l'autre face à l'année à venir…


Et puis, un jour, alors que le vingtième siècle était vieillissant, je devins le rédacteur en chef de la revue Trousse-Livres, avant de créer Griffon. Un des premiers numéros à thème de Trousse-Livres, fut consacré au sport. Jean-Hugues nous offrit un bel article, orné d'une belle équipe de rugby composée de poètes. Belle équipe qui montrait une fois de plus sa connaissance des hommes et de leurs écritures.
Les textes parus en revue se perdent souvent, aussi j'ai plaisir à offrir au lecteur d'aujourd'hui  la sélection poétique d'alors… de 1983, pour un hypothétique match qu'il aurait bien sûr arbitré.



           1er ligne             Héraclite               Michaux               Homère


           2ème ligne                         Char                        Hugo


           3ème ligne        Cendrars              Rimbaud                 Breton


                               La Fontaine (M)               Queneau (O)


                  Prévert        Apollinaire     Reverdy      Eluard


                                                    Ponge (arrière)









Yves Pinguilly, 2017.





 
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