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OUVEA


Quand je repense à la Nouvelle Calédonie, mille choses bien sûr me reviennent en mémoire ;  mais puisqu'il faut choisir, je me souviendrais principalement d'Ouvéa. Peut-être à cause de cette lumière lavée qui pendant mon séjour éclaira l'île… je veux dire ses paysages, son océan, mais aussi ses femmes, ses hommes et ses enfants.
C'est là, à Ouvéa que nous arrêtant à ma demande au bord de la route devant le lieu de mémoire… monument aux morts kanaks de la grotte, lors des évènements de 1988, c'est là donc que tous nous nous mîmes à pleurer. Il y avait bien des différences dans notre petit groupe, bien des avis sur le monde et le bonheur qui reste à construire, mais il y eut dans nos larmes une sorte de communion, comme un espoir.
Et puis, quand le mécréant que je suis vit et entendit le pasteur, avant de servir la messe du dimanche proclamer à ses ouailles que c'était vraiment important de lire et relire la sainte Bible mais qu'on pouvait ajouter à sa lecture mon livre fraîchement nominé, j'eus l'impression qu'un saint esprit malin  me faisait un clin d'œil !

Il serait là, de bon ton, de parler des jeunes lecteurs. Pourquoi pas ? Mais, je ne le ferai pas. L'écrivain sans frontière que je suis sait trop bien que les enfants d'ici comme ceux des antipodes et d'ailleurs se ressemblent. J'ai en Nouvelle Calédonie rencontré les mêmes enfants qu'ici, bien sûr. J'ai trouvé là-bas autant de bonnes raisons qu'ici de leur confier le monde tel qu'il est, ce qui n'est peut-être pas un cadeau.

Et, puisque j'avais des yeux pour voir j'ai observé autant que possible les traces du bagne. Cela me fut utile, puisque j'écrivis ensuite Le nègre de Nantes, dont les héros sont de glorieux combattants de la Commune de Paris. L'un a été condamné et déporté comme pour découvrir les niaoulis dont il était ignorant sur sa barricade de Belleville.

Yves Pinguilly, 2016


 
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