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Histoires du soir

Le petit renard qui avait peur du noir

Noisette n'ose plus mettre le nez dehors quand le soleil s'en va. Pourtant, la nuit cache un grillon, des lucioles et une chouette très attentive.

3-5 ans À lire en 5 min Ouvrir le livre

Aline Bertin

Le petit renard qui avait peur du noir
Au crépuscule, le petit renard hésite à l'entrée de son terrier sous un vieux chêne, près de sa maman.

Le terrier tout chaud

Au bord d’une grande forêt, sous les racines d’un vieux chêne, vivait un petit renard roux qui s’appelait Noisette. Il avait une queue touffue comme un nuage, des oreilles pointues comme deux feuilles de houx, et une seule petite peur : le noir.

Chaque soir, quand le soleil glissait derrière les arbres, Noisette rentrait dans son terrier en trottinant. Sa maman l’attendait sur le seuil, avec son sourire doux et sa grande queue chaude.

« Viens, mon petit renard, disait-elle. C’est l’heure de dormir. »

Mais Noisette restait sur le seuil, le nez en l’air.

« Maman, regarde dehors. Le ciel devient tout noir. Et dans le noir, on ne voit plus rien. Il y a peut-être des ombres qui bougent. »

« Ce soir, mon trésor, tu vas faire un petit tour dehors, juste quelques pas. Et tu me raconteras ce que tu entends. »

Le petit renard rit dans l'herbe de nuit, entouré de lucioles dorées dont l'une se pose sur son nez.

La nuit s’allume

Dehors, il faisait sombre, c’est vrai. Noisette serra sa queue contre lui. Il écouta.

Crrr, crrr, crrr, chantait quelque chose dans l’herbe.

« Qui chante là ? » demanda Noisette d’une toute petite voix.

« C’est moi, le grillon ! répondit une voix minuscule. Je chante tous les soirs pour que la nuit ne soit pas silencieuse. Veux-tu que je chante pour toi ? »

Noisette fit oui. Le grillon chanta, et c’était joli comme une berceuse.

Noisette fit trois pas de plus. Et là, devant lui, une petite lumière s’alluma. Puis une autre. Puis dix. Puis vingt. Elles dansaient dans l’air, vertes et dorées, comme des étoiles qui auraient eu envie de se promener.

« Oh ! souffla Noisette. Qui êtes-vous ? »

« Nous sommes les lucioles, dirent les petites lumières. Nous allumons nos lanternes quand le soleil s’en va. Comme ça, personne ne se perd. »

Une luciole se posa sur le bout de son nez. Elle brillait doucement, et elle chatouillait un peu.

Noisette éclata de rire.

« Mais alors, le noir n’est pas tout noir ! »

« Jamais tout à fait », répondirent les lucioles en dansant.

Le petit renard lève les yeux vers la chouette aux yeux dorés qui veille dans le chêne, sous une petite lune ronde.

Hou, hou, bonne nuit

Noisette fit encore quelques pas. Il leva la tête. Au-dessus de lui, tout en haut du grand chêne, deux grands yeux ronds et dorés le regardaient.

Noisette se figea. Ses oreilles se couchèrent un peu.

« Hou, hou, dit une voix très douce. N’aie pas peur, petit renard. Je suis la chouette. Je veille sur la forêt pendant que tout le monde dort. »

« Tu sais, petit renard, le noir est comme une grande couverture. Il couvre la forêt pour que tout le monde se repose. »

Les ombres ne sont que des arbres qui dorment debout.

Noisette regarda autour de lui. Les arbres, grands et calmes, ne bougeaient pas. Le grillon chantait. Les lucioles dansaient. Au-dessus, la chouette veillait. Et tout là-haut, une petite lune toute ronde souriait entre les branches.

« Finalement », dit Noisette, la nuit est pleine d’amis.

« Exactement, dit la chouette. Et tous veillent sur toi. »

Noisette bâilla. Un grand bâillement, avec toutes ses petites dents. Il se retourna et revint vers le terrier, d’un pas tranquille, escorté par trois lucioles qui lui montraient le chemin.

Sa maman l’attendait sur le seuil.

« Alors, mon trésor ? Qu’as-tu entendu ? »

« J’ai entendu un grillon qui chante, des lucioles qui brillent, et une chouette qui dit bonne nuit. »

Il se blottit contre elle, dans le terrier tout chaud. Dehors, le grillon chantait toujours, tout doucement, crrr, crrr, crrr.

« Bonne nuit, maman. »

« Bonne nuit, mon petit renard. »

Et Noisette s’endormit, la queue enroulée autour du nez, pendant que la forêt entière veillait sur son sommeil.

Fin

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Écrit par Aline Bertin · Rédactrice, histoires du soir et albums